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La peur de l’ICE compte-t-elle dans une évaluation psychologique pour l’immigration ? Ce que décrivent les familles de Doral

Kipu Terra LLC
Réponse courte

La peur de l’ICE peut compter dans une évaluation psychologique pour l’immigration, mais comme élément de preuve, pas comme étiquette. L’évaluation consigne ce que la peur a changé pour la personne évaluée, comme le sommeil, la concentration, le travail et la vie quotidienne, avec des dates, des questionnaires standardisés et les documents disponibles. La peur face à une menace réelle n’est pas, à elle seule, un diagnostic, et le rapport le dit lorsque les symptômes ne remplissent pas les critères du DSM-5-TR. Dans un dossier de difficultés, la personne évaluée est le proche citoyen américain ou résident permanent, et l’avocat décide de la place des constatations dans le dossier.

Illustration à l’encre et à l’aquarelle d’un bâtiment bas en crépi au crépuscule, rideaux métalliques baissés et une fenêtre éclairée à l’étage, avec des palmiers de chaque côté et un SUV blanc garé devant.

Que se passe-t-il à Doral ?

BBC News Mundo décrit Doral, une ville située juste à l’ouest de l’aéroport international de Miami, comme la ville la plus vénézuélienne des États-Unis et l’une de celles que l’ICE a le plus surveillées ces derniers mois. Des chiffres du Miami Herald cités par Latin Times montrent que les arrestations de l’ICE dans la ville sont passées de trois en décembre 2025 à 17 en juillet 2026. En septembre, des commerçants locaux ont déclaré à CBS News Miami que leurs ventes avaient baissé jusqu’à 70 %, ce qu’ils attribuent à des clients qui ont peur de sortir de chez eux.

Certaines des personnes détenues avaient une demande d’asile en cours et un permis de travail valide. Dans un cas rapporté par Univision, une cheffe d’entreprise a été arrêtée alors qu’elle déposait sa fille chez une amie. Le service des douanes et de la protection des frontières (CBP) a déclaré qu’elle se trouvait illégalement dans le pays, ce que son avocate a contesté.

BBC News Mundo a aussi dressé le portrait d’une femme dont la demande d’asile est en cours et qui ne sort plus de chez elle que pour aller travailler. Elle a cessé de se promener au parc, abandonné ses cours de danse et ne va plus aux réunions entre amis. Une vidéo en espagnol tournée à Doral début septembre par Oscar Alejandro, un youtubeur installé à Miami, rassemble des témoignages semblables au sien.

Un père raconte qu’il ouvre sa porte à deux heures du matin pour vérifier s’il y a des voitures inconnues dehors, ce qu’il ne faisait jamais auparavant, et que sa femme et ses enfants vérifient qu’aucune voiture ne surveille la maison avant de monter dans la leur. Parmi ses plus grandes inquiétudes si la famille devait partir, dit-il, figure son plus jeune fils, qui a des besoins particuliers, ne parle que l’anglais et n’a reçu de thérapie qu’en anglais. Une mère décrit un contrôle routier de nuit qui s’est terminé par la détention de son mari pendant que leur fille de quatre ans dormait sur la banquette arrière ; elle a depuis fermé le salon de beauté qu’elle tenait à Doral. Un grand-père se souvient de sa petite-fille qui s’est caché le visage et s’est mise à pleurer lors d’un contrôle sur le chemin de l’église. Ce sont des récits faits devant une caméra, pas des constatations cliniques, et nous ne posons de diagnostic sur personne.

Oscar Alejandro, YouTube, tourné à Doral début septembre 2026. En espagnol, environ 63 minutes. Vidéo d’un créateur indépendant : Kipu Terra n’a aucun lien avec la chaîne ni avec les personnes interviewées, et les opinions et affirmations juridiques de la vidéo n’engagent que leurs auteurs et ne constituent pas un conseil juridique. Regarder sur YouTube

Deux décisions récentes concernent de nombreuses familles vénézuéliennes de Doral. Le 4 septembre, la Commission des recours en matière d’immigration (BIA) a jugé dans Matter of A-E-V-M- que le départ du pouvoir de Nicolás Maduro en janvier, et le transfert de l’autorité exécutive qui a suivi, constituent un changement de la situation dans le pays dont les juges doivent tenir compte pour apprécier la crainte de persécution future d’un demandeur d’asile vénézuélien. Le 5 octobre, la Cour suprême a annulé une décision d’une cour d’appel contraire à la fin du statut de protection temporaire (TPS) pour le Venezuela et a renvoyé l’affaire pour réexamen à la lumière de sa décision de juin dans Mullin v. Doe. Ce que l’une ou l’autre décision signifie pour une famille est une question pour son avocat. Notre article d’août explique comment les dossiers d’asile peuvent désormais arriver devant le tribunal de l’immigration sans entretien.

Que fait une évaluation de mots comme « paranoïa » ou « panique » ?

Elle cherche ce que le mot recouvre. Quand le langage courant ne suffit plus, les familles empruntent des termes cliniques ; le père de la vidéo a qualifié son inquiétude de « una paranoia constante », une paranoïa constante qui l’empêche de travailler ou de se concentrer. Un rapport ne reprend pas cette étiquette. Il documente le comportement qui se trouve derrière : quand il a commencé, à quelle fréquence il se produit et ce qu’il empêche désormais la personne de faire.

Cela suppose des questions datées. Quand quelqu’un dit qu’il surveille la rue la nuit, nous demandons quand cela a commencé, ce qui s’est passé juste avant, à quelle fréquence cela se produit et comment la personne fonctionne le lendemain. Quand un commerce ferme ou qu’un déplacement professionnel est annulé, nous demandons pourquoi et ce que le foyer a perdu depuis. Les réponses sont mises en regard de nos observations et des documents disponibles.

Les questionnaires standardisés apportent une mesure et sont choisis pour chaque dossier. Dans les évaluations d’adultes, le PHQ-9 et le GAD-7 dépistent les symptômes de dépression et d’anxiété. Lorsqu’une personne rapporte un événement qui a pu être traumatique, comme le fait d’assister à l’arrestation d’un proche, nous ajoutons le PCL-5 avec le LEC-5. Le PSS-14 ou le WHODAS 2.0 interviennent lorsque la question porte sur le stress chronique ou le fonctionnement quotidien. Un score s’interprète avec l’entretien et les documents ; à lui seul, il ne permet pas de poser un diagnostic.

La peur face à une menace réelle n’est pas, à elle seule, un trouble mental, et le rapport ne la traite pas comme telle. Lorsque les symptômes remplissent les critères du DSM-5-TR, le rapport le dit et précise les critères remplis. Lorsque les symptômes sont compatibles avec un trouble sans en remplir tous les critères, il le dit aussi. Le rapport consigne également ce qui aide, comme la foi, la famille ou un emploi stable. Nous pensons qu’un rapport clair sur l’endroit où s’arrête la peur et où commence un diagnostic sert mieux l’avocat et l’autorité qui statue qu’un rapport qui exagère.

Et les enfants de ces histoires ?

Cela dépend de qui est le proche admissible. Dans une annulation d’expulsion, un enfant citoyen américain ou résident permanent peut être le proche dont les difficultés fondent le dossier, et cet enfant peut être évalué. Dans une dispense I-601A, le proche admissible est le conjoint ou un parent ; les difficultés d’un enfant comptent alors par leur effet sur cet adulte. Toute évaluation d’un mineur suit un protocole distinct approuvé par notre responsable clinique.

Les besoins d’un enfant peuvent aussi définir ce que l’évaluation doit couvrir. Pour un fils comme celui que décrit le père de la vidéo, l’évaluation peut documenter ce que les dossiers montrent des besoins de l’enfant, les soins qu’il reçoit aujourd’hui, la langue dans laquelle ils sont donnés et la manière dont la famille s’organise. Savoir si des soins comparables existeraient dans un autre pays, et dans quelle langue, relève des preuves que réunit l’avocat. Nous ne donnons pas d’avis sur la situation à l’étranger.

Et si le dossier de votre famille relève de l’asile ?

Les évaluations pour l’asile ne font pas partie de nos services, et beaucoup des personnes évoquées dans les reportages sur Doral ont une demande d’asile en cours. Lorsqu’un avocat sollicite une mesure qui dépend des difficultés d’un proche citoyen américain ou résident permanent, comme une annulation d’expulsion devant le tribunal de l’immigration, l’évaluation de ce proche relève de notre travail. C’est à l’avocat de dire si cela s’applique à une famille.

Les évaluations se déroulent par vidéo sécurisée (Google Meet), gratuite et compatible avec toute connexion internet ou téléphonique, pour les familles de tout le pays. Les familles hispanophones échangent directement avec notre évaluateur bilingue, sans frais d’interprète. Notre responsable clinique relit et cosigne chaque rapport avant sa remise.

Les limites de notre rôle. Nous ne donnons pas de conseils juridiques. Les questions sur le statut migratoire, les permis de travail, la caution, le statut de protection temporaire, l’asile, les voyages ou ce qu’il faut dire lors d’un contrôle relèvent d’un avocat en immigration. Nous ne posons pas de diagnostic sur les personnes présentes dans les reportages ou les vidéos, et une évaluation ne peut ni conférer un statut, ni obtenir la libération de qui que ce soit, ni garantir un résultat.

Si une famille que vous représentez est devant le tribunal de l’immigration et que la mesure envisagée dépend des difficultés d’un proche citoyen américain ou résident permanent, notre page sur l’évaluation pour l’annulation d’expulsion explique qui est évalué et le critère de difficulté plus élevé qu’applique le tribunal. Les familles peuvent aussi nous contacter directement ; la recommandation d’un avocat n’est pas nécessaire.

Évaluations connexes

Questions fréquentes

Évaluez-vous des personnes dont la demande d’asile est en cours ?
Les évaluations pour l’asile ne font pas partie de nos services. Nous évaluons les dossiers présentés sur nos pages de services, notamment les dispenses I-601A et I-601 pour difficultés, l’annulation d’expulsion, VAWA et les visas U et T. Lorsqu’un membre de la famille en procédure d’expulsion a besoin de faire documenter les difficultés d’un proche citoyen américain ou résident permanent, comme dans une annulation d’expulsion, c’est notre travail, et l’avocat décide si cela s’applique.
La peur doit-elle constituer un diagnostic pour figurer dans le rapport ?
Non. Le rapport documente ce qui a changé dans la vie quotidienne de la personne et ce que les éléments disponibles étayent. Lorsque les symptômes remplissent les critères du DSM-5-TR, le rapport le dit. Lorsqu’ils ne les remplissent pas, il le dit aussi, et l’avocat décide de la place des constatations dans la question juridique.

Sources

Avertissement. L’intelligence artificielle a été utilisée pour créer des illustrations neutres qui complètent l’article et s’intègrent à son contenu.

Informations générales, à jour au 6 octobre 2026. Le droit de l’immigration, les décisions de justice et les pratiques de contrôle évoluent rapidement. Cet article ne constitue ni un conseil juridique ni un avis clinique individuel ; consultez un avocat en immigration au sujet de votre situation.